Polémique : quand les médecins se moquent de leurs patients sur Facebook

Illustration d'un médecin
« Quand les seins tombent, je refuse la consultation » voila le genre de commentaire que l’on peut lire sur la page Facebook du « Divan des médecins ». — Darko Stojanovic / Pixabay

Dans un groupe Facebook, des médecins se moquent de leurs patients avec des photos et des commentaires déplacés. Le conseil de l’ordre des médecins a décidé de saisir la justice.

L’information est tombée vendredi 5 janvier dernier : la très sérieuse institution de l’Ordre des Médecins a confirmé ce jour-là, qu’elle allait saisir la justice française. Cette initiative fait suite aux révélations de L’Obs, qui dévoilait en ce début d’année 2020, l’existence d’un compte Facebook où certains médecins échangeaient des photographies et des commentaires désobligeants à propos de certains de leurs patients.

Du nom du « Divan des médecins » ce groupe Facebook privé regroupe plus de 11 000 médecins généralistes. Sur la page d’accueil du groupe, étaient présentes de nombreuses photos où l’on pouvait reconnaître certains patients, accompagnés de commentaires moqueurs : une pratique allant à l’encontre du serment d’Hippocrate auquel chaque médecin est soumis. Une situation décrite depuis comme « effarante » dans un communiqué rédigé par l’Ordre des Médecins.

Un groupe Facebook et des dérives

Selon l’enquête de l’hebdomadaire L’Obs, le groupe Facebook annonçait respecter à la base, de nombreuses valeurs, dont celle de ne pas dévoiler l’identité des patients, secret médical oblige. Pourtant, si ce groupe de milliers de médecins pouvaient être utile afin d’échanger entre professionnels de santé, cherchant conseils et soutiens, certains comportements révélés sont pourtant pénalement condamnables.

En bafouant les droits fondamentaux de leur métier, les médecins fautifs sont susceptibles d’encourir des sanctions disciplinaires et même pénales. Selon le Code pénal français, cette infraction pourrait valoir jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire.

D’après une des médecins administratrice du groupe Facebook, cette pratique déviante resterait néanmoins très minoritaire sur la page du « Divan des médecins ».