Des ennuis judiciaires à venir pour le professeur Raoult ?

Le professeur Didier Raoult
Le professeur Didier Raoult. — DR

D’après le Canard Enchaîné, Didier Raoult fait l’objet d’un signalement à la justice pour avoir prescrit de la chloroquine à des patients sans leur consentement.

Didier Raoult n’en finit plus de défrayer la chronique. Dès le début de la crise sanitaire, le professeur de biologie s’est rendu célèbre aux yeux du grand public en défendant l’hydroxychloroquine comme remède au Covid-19. Depuis, ses prises de position radicales et ses vidéos provocantes agitent les plateaux de télévision et cristallisent le débat dans l’opinion. Mais cette fois-ci, la polémique est d’une toute autre nature. D’après le Canard Enchaîné de ce mercredi 3 juin, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille est visé par un signalement à la justice.

Des essais clinique hors du cadre légal

L’hebdomadaire satirique rapporte qu’un confrère a « dénoncé au procureur les conditions dans lesquelles ont été réalisées les premières études sur les effets de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 ». Selon cet autre infectiologue resté anonyme, le professeur Raoult aurait prescrit de la chloroquine à des patients sans leur accord formel lors de ses essais cliniques. Le cadre légal de ses recherches est donc remis en cause, le consentement « libre et éclairé » du patient étant une obligation encadrée par la Loi Jardé de 2012.

Ce confrère a donc saisit le parquet de Marseille au début du mois d’avril. Il se base sur l’étude de l’équipe de Didier Raoult datant du 27 mars, présentée pourtant comme une recherche « observationnelle » et non comme un essai clinique. Or dans la législation, une telle étude n’exige pas le consentement du patient.

L’Ordre des médecins saisit

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mené une enquête à la demande de la procureure de Marseille. Le directeur de l’agence, Dominique Martin, en conclut que « les modalités d’information des patients et de traçabilité de la motivation de la prescription ne sont pas conformes aux exigences légales ». Il a donc décidé de saisir le Conseil national de l’Ordre des médecins. Interrogé par le Canard Enchaîné, le professeur affirme avoir toujours « respecté l’ensemble de la légalité ». Mais nul doute que cette nouvelle péripétie dans le feuilleton Didier Raoult va engendrer des rebondissements hauts en couleur.

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