Une ONG demande le retrait de laits infantiles contaminés aux hydrocarbures

Lait infantile en poudre
Lait infantile en poudre. (illustration). — DR

Dans une lettre adressée aux préfets, Foodwatch demande le retrait de deux laits maternisés Danone et Nestlé, soupçonnés d’être contaminés par des dérivés d’hydrocarbures.

Ce sont 109 lettres d’avocats qui se sont répandus dans tous les départements de France. Mercredi, L’ONG Foodwatch a demandé aux préfets de stopper la commercialisation de deux laits en poudre pour bébé au nom du principe de précaution. L’organisme affirme que des tests ont révélé la présence de dérivés d’hydrocarbures dans le Nidal lait en poudre premier âge (0-6 mois) de Nestlé, et le lait Gallia Galliagest Croissance sans lactose (12 mois-3 ans) de Danone. « Rien ne peut justifier l’inaction des grandes marques ni des pouvoirs publics quand il s’agit de produits alimentaires, particulièrement de produits pour bébé » dénonce Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France. Pour elle, « il faut remettre les pieds dans le plat ».

En effet, l’affaire ne date pas d’aujourd’hui. Foodwatch se bat contre ce fléau depuis 2015. En octobre 2019, l’organisme avait donné les résultats de tests réalisés par trois laboratoires indépendants sur 16 laits achetés en France, en Allemagne et au Pays-Bas. Pour la moitié d’entre eux dont deux vendus en France, l’ONG avait alors alerté sur la présence d’huiles minérales aromatiques appelées MOAH, et jugées « potentiellement cancérogènes, mutagènes et perturbateurs endocriniens ». Des résultats confirmés par de nouvelles analyses en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique. La présence de ces substances invisibles à l’œil pourrait s’expliquer par les processus de fabrication ou les emballages en carton recyclé, mais ce ne sont que des hypothèses.

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Analyses en cours à la répression des fraudes

Foodwatch l’assure, « la répression des fraudes (DGCCRF) sait que des laits infantiles sont contaminés puisqu’elle l’a vérifié après les tests de Foodwatch ». De son côté la DGCCRF prévient auprès de l’AFP qu’elle prend l’affaire « très au sérieux ». « Nous avons immédiatement déclenché des analyses de produits et saisi la commission européenne pour obtenir des seuils au-delà desquels il sera possible de procéder en toute transparence à des rappels de produits » explique Loïc Tanguy, son porte-parole.

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Ce dernier nuance toutefois qu’en l’absence de risque sérieux pour la santé des enfants en bas âge, le retrait de ces laits maternisés n’est pas envisageable dans l’immédiat. Foodwatch tient en effet à rassurer les parents que leurs « enfants ne sont pas exposés à un danger immédiat et aigu », mais estime qu’il s’agit d’un « enjeu de santé publique ».

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