En Libye, la guerre de l’eau a commencé

L’approvisionnement en eau courante de Tripoli et de plusieurs villes côtières a été bloqué par un groupe armé alors que la Libye connaît déjà des températures estivales.

Des millions de foyers sont privés d’eau courante depuis dimanche à Tripoli et dans plusieurs villes du littoral. Un groupe armé se disant partisan du maréchal Khalifa Haftar, chef de l’armée nationale libyenne (LNA), a coupé l’approvisionnement, rapporte The Guardian.

Ces hommes ont pris le contrôle du réseau dont les commandes sont situées à Jafara. Le système, inauguré jadis par l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, permet de puiser et transporter l’eau via des conduites souterraines reliant notamment le Sahara à Tripoli et à plusieurs cités de la côte.

Ces événements interviennent alors que les troupes du maréchal Haftar contrôlaient jusqu’alors l’est et le sud du pays, la capitale étant dirigée par le gouvernement d’accord national (GNA) que soutient l’ONU.

Cependant, certains observateurs attribuent ce coup de force au GNA qui tenterait ainsi de saper le soutien populaire dont bénéficie Haftar, qui cherche à « prendre » Tripoli depuis le début du mois d’avril avec le soutien de certaines puissances étrangères comme l’Arabie saoudite. Une opération moins aisée que prévu.

« Un don de Dieu » qui doit être épargné

Les responsables de l’Agence en charge de l’approvisionnement en eau rappellent pour leur part leur neutralité et ne veulent pas prendre parti dans l’actuel conflit. « L’eau est un don de Dieu pour tous et ne doit pas être utilisée dans un but politique ou militaire » ont-ils plaidé.

Pour l’heure, on ignore quand l’eau courante pourra être rétablie alors que le pays connaît déjà des températures estivales. Cet incident renforce le sentiment qu’une certaine anarchie règne en Libye, ce que certains groupes proches de l’État islamique ne se privent pas d’exploiter.

Depuis 2011 et la chute de Kadhafi, des attaques contre les réseaux d’eau avaient déjà eu lieu, mais plutôt dans le sud du pays.

Eurovision : l’Islande visée pour « des banderoles » palestiniennes

Les organisateurs de l’Eurovision qui se déroulait à Tel-Aviv pourraient décider de sanctions contre l’Islande dont le groupe a brandi en direct des écharpes aux couleurs palestiniennes.

L’Union européenne de Radio-télévision (UER), organisatrice du concours de l’Eurovision dont l’édition 2019 s’est déroulée samedi soir à Tel-Aviv, en Israël, n’a que peu goûté l’attitude des membres du groupe islandais Hatari lors de l’annonce des résultats. Les artistes qui se sont finalement classés à la 10e place ont en direct brandi des écharpes aux couleurs de la Palestine. Des actes qui « contreviennent directement » aux règles du concours et dont « les conséquences seront discutées », explique la RTBF.

Des sanctions ne sont pas à exclure. Pour l’UER, le concours « est un événement apolitique ». Autre sujet de mécontentement pour l’organisme, le fait que deux danseurs qui accompagnaient la star américaine Madonna, invitée d’honneur, présentaient dans leur dos des drapeaux israélien et palestinien. Ce qui pouvait être compris comme un message de fraternité.

Ces incidents sont survenus alors que des appels au boycott avaient été nombreux avant le show qui a pu être utilisé par les autorités israéliennes comme une vitrine et un moyen de communiquer « positivement ». Citant la presse israélienne, la RTBF note qu’une partie de la facture du cachet de Madonna aurait été réglée par le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams.

Pour ce qui concerne les artistes islandais, à plusieurs reprises d’ailleurs avant le concours, ils avaient fait part de leur hostilité quant à l’occupation des territoires palestiniens.

Les Palestiniens sceptiques aussi

Le show retransmis en direct devant des dizaines de millions de téléspectateurs n’a pas fait non plus l’unanimité en Israël même. Des rabbins ultra-orthodoxes avaient appelé à prier pour dénoncer la « profanation » que constituait ce concours de l’Eurovision durant shabbat, considéré comme jour sacré de repos.

Côté palestinien, ces événements n’ont pas été perçus comme positifs, ajoute Le Figaro. Sur Twitter, le PACBI (association culturelle pour le boycott d’Israël) a indiqué que « la société civile palestinienne rejette massivement les gestes de solidarité d’artistes internationaux ». Il vaut mieux tout simplement « annuler toute performance en Israël ».

Un Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue

Originaire de Béthune, Félix Dorfin a été condamné à la peine capitale par un tribunal indonésien. Il avait été arrêté en possession de plus de 3 kilos de stupéfiants.

Jugé pour trafic de drogue, le Nordiste Félix Dorfin a été condamné ce lundi en Indonésie à la peine capitale.

Originaire de Béthune, âgé de 35 ans, il avait été interpellé en septembre dernier à son arrivée à l’aéroport de Lombok, une île touristique proche de Bali, en provenance de Singapour, avec sur lui près de 4 kilos de stupéfiants, rapporte un journal local : 2,9 kilos de kétamine et d’amphétamine ainsi que 850 comprimés d’ecstasy qui avaient été dissimulés dans le double fond d’une valise.

Félix Dorfin avait réussi à s’enfuir de son lieu de détention provisoire en janvier et il avait été repris après 11 jours de cavale. Selon la même source, le Français s’était vraisemblablement caché dans la forêt.

Des policiers soupçonnés de l’avoir aidé ou d’avoir été « victimes » de tentatives de corruption pour l’aider dans sa fuite avaient alors également été interrogés.

Un autre Français dans le couloir de la mort

Alors que le parquet n’avait requis « que » 20 ans d’emprisonnement, les juges ont retenu des circonstances aggravantes, suggérant que Félix Dorfin faisait partie d’un véritable réseau pour lequel il faisait office de coursier, ce qu’il conteste… Par ailleurs, la quantité de drogue jugée très importante a très certainement pesé dans ce verdict.

Selon le Parisien, un autre ressortissant français se trouve déjà incarcéré dans le couloir de la mort en Indonésie : il s’agit d’un homme condamné en 2007, également pour trafic de drogue, Serge Atlaoui.

Le Monde indique cependant que depuis 2016, aucune peine capitale n’a été « appliquée » dans le pays. Pour autant, l’Indonésie a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une de ses priorités.

L’ultimatum de Trump envers l’Iran

La tension monte encore d’un cran entre les États-Unis et l’Iran : le président américain prédit « la fin officielle » de l’Iran en cas de nouvelles menaces.

L’escalade se poursuit entre les États-Unis et l’Iran. Cette fois, le président Donald Trump a posté sur son compte Twitter dimanche un message en forme d’ultimatum dépourvu de nuances : « Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran. Plus jamais de menaces à l’encontre des États-Unis. »

Il s’agit d’un nouveau palier dans une poussée de fièvre comme l’on n’en avait plus connu depuis de longues années entre les deux pays. Tout a débuté l’an passé avec le retrait américain de l’accord international conclu en 2015 qui prévoyait une limitation du programme nucléaire iranien avec pour contrepartie une levée des sanctions étrangères contre le régime de Téhéran.

En novembre 2018, de fait, les États-Unis avaient rétabli des sanctions économiques.

Au début de ce mois de mai, le Pentagone montrait ses muscles, déployant dans le Golfe persique le porte-avions Abraham Lincoln et des bombardiers B-52, justifiant ces manœuvres par des menaces provenant d’Iran. Les autorités américaines ne précisaient pas cependant alors la nature de ces menaces.

Pour l’heure, en Iran, on s’efforce de rester placide. Avant la déclaration du président Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif s’estimait convaincu « qu’il n’y aurait pas de guerre puisque nous ne souhaitons pas de conflit et puisque personne ne se fait d’illusion quant à sa capacité à affronter l’Iran dans la région », selon l’agence officielle Irna.

Les chancelleries du Golfe inquiètes

Quant au général Hossein Salamin, le commandant des Gardiens de la Révolution Islamique, il avait même ironisé en suggérant, quelques heures avant le tweet du président US, ainsi que l’a rapporté l’agence iranienne Fars News : « La différence entre les Américains et nous, c’est qu’ils ont peur de la guerre ».

La situation inquiète cependant toutes les chancelleries et singulièrement les dirigeants des autres pays du Golfe. L’Arabie saoudite souhaite ainsi une réunion d’urgence du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Ligue arabe le 30 mai à La Mecque rappelle La Tribune de Genève. Le sommet consisterait « à se consulter et se coordonner avec les dirigeants frères » à propos de « tous les sujets susceptibles de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ».