Marine Le Pen courtise les « gilets jaunes » et raille la « France islamiste »

D’une pierre deux coups : la présidente du Rassemblement National veut séduire les « gilets jaunes » et dénonce « le délire immigrationniste » de FI rebaptisée… « la France islamiste ».

En déplacement mardi dans l’Yonne, un département rural où le mouvement des « gilets jaunes » s’est traduit par une forte mobilisation, la présidente du Rassemblement National a de nouveau cherché à séduire cet électorat potentiel, alors que la campagne pour l’élection européenne, qui a lieu dimanche, est entrée dans sa dernière ligne droite.

Marine Le Pen a souhaité d’abord rappeler « à ceux qui ont été sur les ronds-points que le moyen pacifique et démocratique de pouvoir obtenir quelque chose, et de faire que le 26 mai, toutes ces semaines de lutte, de combat, de mobilisation ne soient pas rayées d’un trait de plume, c’est d’aller voter pour la liste du RN. »

Cependant, durant ce même meeting organisé dans le village de Villeblevin et qui a réuni 500 personnes, elle a voulu aussi dissuader les mêmes « gilets jaunes » de se laisser convaincre par les arguments de la France Insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui a soutenu le mouvement.

FI devient « la France islamiste »

Selon Marine Le Pen, cette formation « devrait s’appeler la France islamiste » car dans son programme figurent le « refus de tout contrôle aux frontières, la distribution de la nationalité française au premier qui passe, le vote des immigrés et la reconnaissance d’un statut de réfugié climatique ». Ce qu’elle a encore résumé par une formule : « Pas un Français sensé ne peut accepter de suivre ce délire immigrationniste ».

En verve, la présidente du RN a conclu en appelant les électeurs à ne pas « donner de chèque en blanc » à Emmanuel Macron, son vainqueur lors du second tour de la présidentielle en 2017. « Il se comporte déjà de manière totalitaire » a-t-elle persiflé, faisant allusion à l’interview accordée par le président à plusieurs journaux régionaux, une pratique jugée pas si éloignée de ce qui a cours en Corée du Nord, a-t-elle noté avec ironie.

Un site pour les victimes de sexisme dans le monde politique

Jugeant que la situation a empiré depuis l’affaire Baupin, des collaboratrices d’élus lancent un site pour recueillir les témoignages de victimes de « harcèlement en politique ».

« Le sexisme n’est pas une spécificité du monde politique, nous en avons pleinement conscience, mais c’est un monde où il se manifeste avec une force et parfois une violence particulières… »

Partant de ce constat, des collaboratrices d’élus ont décidé de créer un site Internet « recensant les témoignages des femmes victimes de sexisme à l’Assemblée nationale ou dans d’autres institutions politiques », annoncent-elles dans une tribune publiée par Le Monde.

Elles disent avoir « décidé d’anonymiser les témoignages pour offrir les meilleures conditions aux collaboratrices qui souhaiteraient raconter mais souvent n’osent pas ou pour qui les conséquences seraient très lourdes. »

Leur but « n’est pas de pointer du doigt tel élu, ministre ou autre homme politique, mais d’exposer le caractère généralisé du sexisme en politique. » Et donc de contribuer à une prise de conscience et à un véritable changement.

Car l’état des lieux en la matière se serait encore dégradé depuis la mise en cause du député écologiste Denis Baupin, notent les signataires du texte et créatrices du site «  Chaircollaboratrice.com », dont l’appellation même est explicite.

« A chaque affaire, le sexisme en politique fait la « une » des journaux et des JT avant de retomber dans l’oubli. A l’issue de l’affaire Baupin, l’ambiance a même empiré pour les femmes : « Attention, je vais te Baupiner », « Je peux toucher ton épaule ou c’est du harcèlement ? », « Quand même, les dénonciatrices, elles devaient avoir un mobile politique », « Baupin, mais tu sais, ce n’est pas de sa faute, c’est sa mère/sa femme ».

« La harcèlement est une réalité »

Autant de phrases recensées qui sont typiques, selon elles, « du machisme de ce huis clos politique où les femmes sont souvent perçues comme illégitimes ».

En effet, trop souvent encore, selon les femmes à l’origine de cette initiative, dans l’univers politique, qu’elles soient élues ou collaboratrices d’élus, « les femmes sont soit mal acceptées, soit regardées avec un amusement tout paternaliste ».

« Certes, tous les hommes en politique n’ont pas un comportement répréhensible, mais le sexisme et le harcèlement sont une réalité » se justifient encore les rédactrices de la tribune, qui insistent : « les hommes politiques se doivent d’avoir un comportement exemplaire dans tous les aspects de leur vie publique. »