Société

Licenciés de Cora parce qu’ils refusaient de travailler le dimanche

En Bretagne, deux salariés d’un hypermarché ont été licenciés pour faute grave. Ils avaient refusé de travailler le dimanche, arguant que leur contrat ne le prévoyait pas.

Deux employés de l’hypermarché Cora de Saint-Jouan-des-Gérets, près de Saint-Malo, ont fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave, ne bénéficiant de ce fait d’aucun préavis ni indemnité : la direction leur reproche d’avoir refusé de travailler le dimanche, révèle Europe 1.

Il s’agit d’une salariée comptant 18 ans d’ancienneté ayant été en poste à la station-service, au rayon bijouterie puis à l’accueil et d’un employé affecté au rayon crèmerie, présentant 8 ans d’ancienneté.

La direction de grande surface avait décidé d’ouvrir chaque dimanche matin à compter du mois de mars. Cependant, aucun avenant n’a été apporté aux contrats de travail des quelque 200 salariés. Invoquant la loi Macron, « le directeur a dit que c’était obligatoire, que c’était cela ou la porte » rapporte la salariée. Laquelle ajoute : « Je ne pensais pas qu’on m’aurait virée comme ça au bout de 18 ans de boîte. Je trouve que le dimanche, c’est pour la vie de famille. OK pour le volontariat, mais on ne doit pas forcer les gens. Je suis dégoûtée, je suis en colère. Se faire jeter comme une malpropre… Ça me sidère, ça me met hors de moi. »

Les prud’hommes seront saisis

Avec son collègue, elle envisage de saisir le conseil des prud’hommes pour qu’il qualifie cette sanction de « licenciement sans cause réelle ni sérieuse ». Jointe par Europe 1, une inspectrice du travail de Saint-Malo note qu’effectivement, «l’accord du salarié peut être nécessaire lorsque les nouveaux horaires ou la nouvelle répartition des horaires constituent une modification du contrat de travail ».

Une analyse partagée par le syndicat CFTC  qui a relevé que dans son courrier de licenciement, la direction avance comme motif que « le Code du travail prévoit qu’il faut accepter de travailler quand on vous le demande. Une interprétation pour le moins sommaire du Code et des droits des salariés. L’obligation du travail le dimanche doit être prévue dans le contrat de travail. » Ce qui le cas pour les nouveaux embauchés en général, mais pas les anciens… La CFTC espère donc que les salariés bretons seront entendus en justice et que la décision fera jurisprudence. Ce qui pourrait inviter des salariés précédemment victimes de licenciements similaires à se manifester.

Jusqu’à présent, la direction de l’hypermarché Cora ne s’est pas exprimée.

Société

Marine Le Pen ne veut plus de voile ni de kippa dans l’espace public

La présidente du FN entend « élargir la loi de 2004 » et interdire le port du voile et de la kippa dans l’espace public, y compris les entreprises. Mais pas le port de la croix.

La présidente du Front national a expliqué lundi matin sur RMC pourquoi, selon elle, « il est temps d’élargir la loi de 2004 » qui avait prohibé le port de signes religieux à l’école : il s’agit « d’interdire au nom de la laïcité tous les signes ostentatoires dans l’espace public, ce qui permettra également de les interdire dans les entreprises. »

Mais si la dirigeante du FN vise le port du voile ou de la kippa, elle n’estime pas que le port d’une croix serait concerné.

« Les grandes croix, ça n’existe pas. Je vais vous expliquer quelque chose : la religion catholique n’a pas de signe ostentatoire et pour une raison simple, c’est peut-être parce c’est elle qui a inventé en réalité la laïcité. Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. Donc il n’existe pas de signe ostentatoire de la religion catholique » a martelé la présidente frontiste, prenant quelque liberté avec l’histoire, comme le souligne Europe 1, la laïcité et la loi de 1905 en France ayant été portées par différents philosophes et courants de pensée.

Les propos de la candidate du FN pour 2017 ont été critiqués tout aussitôt par François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, invité de RMC au moment où Marine Le Pen s’est exprimée, en appelant la radio elle-même pour préciser des propos tenus antérieurement.

« De l’huile sur le feu »

« Ce n’est pas sérieux. L’espace public est précisément l’endroit où peut s’exprimer la liberté de conscience, la liberté de sa religion, d’être religieux ou pas » a expliqué François Clavairoly. Selon lui, « il faut cesser d’humilier l’Islam ».

Et de plaider encore : « Nous sommes dans un pays de liberté. La plupart des pays d’Europe vivent une laïcité apaisée il ne faut pas mettre de l’huile sur le feu ».

Alors candidate à l’élection présidentielle, dans son programme, Marine Le Pen avait souhaité en 2012 interdire les signes religieux « pour les agents comme pour les usagers du service public ». Mais après le scrutin, elle était allée plus loin dans un entretien accordé au Monde et s’était déclarée en faveur d’une interdiction du voile et de la kippa dans « les magasins, les transports, la rue »…

La présidente du FN avait même précisé qu’une « dictature laïque » était préférable à une « dictature religieuse ».