Retraites : vers un compromis entre les syndicats et le gouvernement ?

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 4 janvier 2019.
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 4 janvier 2019. — Jeanne Menjoulet / Flickr

Après 34 jours de grève, le gouvernement espère une issue proche. Si les principaux syndicats semblent encore opposés, la CFDT pourrait ouvrir la voie des négociations. 

Dès la première semaine de l’année, les manifestations contre la réforme des retraites reprennent. Les négociations aussi : mardi 7 janvier le gouvernement et les ministres concernés par cette réforme retrouveront les principaux chefs syndicaux au ministère du travail. 

Engagée depuis le 5 décembre 2019, la grève est devenue le conflit social le plus long de l’histoire de France. Face à cette situation, Emmanuel Macron et Édouard Philippe souhaite trouver une solution de sortie de crise, sans reculer sur leur réforme tant contestée. Le chef de l’État l’a dit lors de ses voeux : il ne changera pas le coeur de sa réforme et ira jusqu’au bout. 

Face à une mobilisation en baisse (8 TGV sur 10 ces derniers jours contre seulement 1 sur 10 au début du conflit social), le couple de l’exécutif espère ainsi avoir la rue à l’usure au retour des vacances de Noël. Dans sa stratégie, Emmanuel Macron entend également enrôler le patron de la CFDT, Laurent Berger. 

Perçue comme un syndicat réformateur la CFDT pourrait faire basculer ce conflit social. Si Laurent Berger se range du côté d’Emmanuel Macron en approuvant finalement sa réforme des retraites, la mobilisation pourrait fortement s’affaiblir. 

Pour l’heure l’intéressé semble encore très hostile à cette réforme. Ce dernier  a déclaré au journal télévisé de France 2 dimanche soir : « l’âge pivot est une mesure injuste et inutile ». 

Une semaine décisive

Pour l’heure, la pression sur le gouvernement reste encore forte. Deux journées de mobilisation sont prévues jeudi 9 janvier et samedi 11 janvier à l’appel de la CGT, la CFE-CGT, FO, la FSU et Solidaires. 

Les chiffres de ces deux nouvelles journées de mobilisation pourraient être décisif : si celle-ci est en baisse, le gouvernement pourrait faire le choix de poursuivre la réforme coûte que coûte, sans apporter de modifications fortes au texte initial. Tout se jouera autour de l’âge pivot (aussi appelé âge d’équilibre) toujours fixé aujourd’hui à 64 ans. 

L’écrivain Gabriel Matzneff accusé de viol sur mineur

Gabriel Matzneff en mars 1990
Gabriel Matzneff en mars 1990. — Capture d'écran INA

Après la parution d’un livre de Vanessa Springora l’accusant de viol, le parquet de Paris a ouvert une enquête contre l’écrivain Gabriel Matzneff pour viol sur mineur. 

C’est un livre qui a fait l’effet d’une bombe : « Le Consentement », le dernier récit de l’auteure Vanessa Springora raconte la relation qu’elle dit avoir subi durant son adolescence, avec l’écrivain Français Gabriel Matzneff. 

Dans le livre, l’auteure et éditrice Vanessa Springora raconte comment Gabriel Matzneff a voulu la séduire, et comment il a abusé d’elle sexuellement, alors qu’elle n’était âgée que de 14 ans. Une situation qui aura provoqué chez elle pendant plusieurs années, des dépressions à répétition. 

Si Vanessa Springora n’a pas envisagé de porter plainte à ce jour, le parquet de Paris a néanmoins décidé de s’auto-saisir de l’affaire. L’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP), à qui a été confié le dossier, doit notamment enquêter pour savoir s’il n’existe pas d’autres victimes de l’auteur aujourd’hui âgé de 83 ans. 

La chute de Gabriel Matzneff

L’attrait de Gabriel Matzneff pour les adolescentes n’est pourtant pas une chose nouvelle : l’écrivain racontait lui-même dans ses propres ouvrages, son goût pour les jeunes garçons de moins de 16 ans, lors de voyages en Asie, lors de tourisme sexuel. Jusqu’ici, ses écrits n’avaient pourtant suscité que peu de réaction. Gabriel Matzneff a même été récompensé du prestigieux prix Renaudot en 2013. 

Pourtant avec le récit de Vanessa Springora, les choses semblent enfin bouger : le Centre national du livre vient de recommander au ministre de la Culture, de supprimer l’allocation annuelle offerte à Gabriel Matzneff depuis 2002, comme le dévoile le journal L’Express. Cette somme d’argent était en réalité une aide sociale accordée à quinze écrivains vieillissants, aux revenus modestes. Le ministre de la Culture donnera une réponse la semaine prochaine, concernant l’éventuel retrait de cette aide financière, au présumé pédophile. 

Longtemps impuni, Gabriel Matzneff est aujourd’hui rattrapé par ses démons. Seul problème à présent : savoir si les éventuels faits sont désormais proscrits aux yeux de la loi française. 

La légion d’honneur du président de BlackRock fait polémique

Jean-Francois Cirelli en 2018
Jean-François Cirelli, actuel président de BlackRock, est au coeur d'une vive polémique. — Capture d'écran BFM Business

L’actuel président du puissant gestionnaire d’actifs américain BlackRock a été promu officier de la Légion d’honneur. Une distinction qui dérange à bien des égards. 

Depuis l’annonce de la liste de la promotion du Nouvel an de l’Ordre national de la Légion d’honneur publié mercredi 1 janvier au Journal officiel selon le contingent du Premier ministre, un nom a suscité de nombreux remous parmi les opposants au gouvernement. Il s’agit de Jean-François Cirelii, ancien patron du groupe GDF-SUEZ puis d’Engie.

Problème : Jean-François Cirelli est depuis président de BlackRock France. Cette organisation a été pointée du doigt lors des nombreuses manifestations sur la réforme des retraites. BlackRock est en effet un puissant gestionnaire d’actifs américain accusé de lobbying auprès du gouvernement pour mettre en avant le régime de retraite par capitalisation : un modèle copié sur les fonds de pension des États-Unis qui viendrait remplacer le système français par répartition.

Dans le contexte de grève générale en France contre la réforme des retraites, la promotion du PDG du groupe BlackRock apparaît pour les opposants et les nombreux syndicats, comme une volonté du gouvernement de mettre en avant cette entreprise américaine et les idées que celles-ci portent. 

Une polémique et des critiques

Peu de temps après l’annonce officiel des personnalités décorées de la celébre légion d’Honneur pour l’édition 2020, les nombreuses critiques n’ont pas tardé à se faire entendre, créant rapidement une polémique. Le parti communiste a réagi sur Twitter «  Jean-François Cirelli, président de BlackRock France, est promu Officier de la légion d’honneur en ce 1er janvier. En récompense du pillage de nos retraites par répartition? » 

De son côté le président du Parti socialiste déclarait sur les réseaux sociaux que cette nomination « révélait le côté obscur de la réforme des retraites ». 

Le gouvernement s’est défendu par l’intermédiaire de sa secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, en expliquant sur RMC « Le marché français est une boîte de Smarties pour BlackRock, arrêtons de croire qu’on est au centre du monde » 

En ce début d’année 2020, le conflit autour des réformes des retraites continue à diviser. 

Smic, impôt, gaz, tabac : ce qui change au 1er janvier

Illustration 2020
. — DR

Hausse du smic, diminution de l’impôt sur le revenu, baisse du prix du gaz, augmentation du prix du tabac : au 1er janvier 2020 de nombreux changements sont à prévoir. 

C’est un rituel : au 1er janvier de chaque nouvelle année, de nombreux prix de consommation varient, apportant son lot de mauvaises nouvelles, mais aussi parfois de bonnes surprises. 

Pour cette édition 2020, les Français vont notamment pouvoir profiter d’une baisse de l’impôt sur le revenu. Cette réforme était une promesse du président Emmanuel Macron, faite après le mouvement des Gilets jaunes. Si cette initiative représente un manque à gagner de 5 milliards d’euros pour l’État français, elle permettra pour les classes moyennes, de réaliser un gain annuel moyen de 350 euros. Le taux d’imposition passera ainsi de 14% à 11%. 

En parallèle, le gouvernement français propose pour cette rentrée 2020, une hausse du salaire minimum, qui passera de 10,03 euros actuellement, à 10,15 euros brut par heure. Le Smic mensuel net va ainsi croître de 1204 euros à 1219 euros. 

La troisième bonne nouvelle pour le portefeuille des Français se trouve du côté du prix du gaz. Les tarifs réglementés du gaz vont baisser de 0,9% à partir du 1er janvier.

Des hausses de prix dans divers domaines

Parmi les mauvaises nouvelles de cette nouvelle année, l’augmentation du prix du tabac pourrait de nouveau faire grincer des dents. Le prix de certains paquets de cigarettes, ou du tabac à rouler, vont augmenter d’environ 50 centimes chacun. 

Autre produit à être davantage taxé en 2020 : le timbre, qui après avoir été augmenté l’an passé à plus de 10%, va de nouveau connaître une hausse de 10% de son prix. Le timbre vert passe dès lors de 0,88 centime d’euros, à 0,97 centime d’euros. 

Après les traditionnels voeux télévisés du 31 décembre, où le président Emmanuel Macron a promis d’engager de façon plus franche, la transition écologique, de nombreux produits de consommation vont évoluer à partir du 1er janvier 2020. Coton tige, gobelet, assiette, et verres en plastique : autant de produits qui devraient disparaître progressivement à partir de cette date, de nos supermarchés. 

Grève contre la réforme des retraites : vers une durée de mobilisation record

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris. — Patrick Janisek / Flickr

Alors que le conflit contre la réforme des retraites entame sa quatrième semaine, cette grève pourrait devenir la plus longue de l’histoire française.

1995 : un grand nombre de Français ont encore en mémoire la grève générale qui avait paralysé les transports et le pays tout entier pour lutter, à l’époque déjà, contre la réforme des retraites. Si cet évènement représente avec mai 68, l’un des deux principaux conflits sociaux les plus marquants de l’après-guerre en France, les Français se souviennent que le gouvernement de l’époque avait fini par reculer après 22 jours de conflit.

Le 15 décembre 1995, Alain Juppé, alors premier ministre, avait en effet fini par abandonner son projet qui visait à réformer les régimes de retraite des agents des services publics et des fonctionnaires. Vingt quatre années plus tard, le renoncement de l’actuel maire de Bordeaux, lui colle encore à la peau : une situation qui pourrait bien motiver le gouvernement actuel à poursuivre coûte que coûte son projet de réforme.

Alors que le conflit a atteint vendredi 27 décembre 2019 son 23e jour, Laurent Pietraszewski, tout nouveau secrétaire d’État en charge du dossier, confirme dans le journal Les Echos : « pas question de revenir sur la suppression des régimes spéciaux ». Une position qui laisse penser que le conflit pourrait s’éterniser pour dépasser tous les records de durée de mobilisation pour une grève en France.

En marche vers une grève historique ?

Malgré la légère baisse de mobilisation (moins d’un conducteur sur deux grévistes à la SNCF), le conflit social pourrait dépasser le record de 28 jours détenu par la grève de 1986 qui luttait contre la retraite au mérite, portée par le gouvernement de Jacques Chirac. Si le gouvernement de François Fillon avait lui aussi tenté de réformer le régime des retraites en 2010, il s’était heurté à 17 jours de grève qui avait finalement fait plier le pouvoir.

Emmanuel Macron tente donc à son tour de réformer les retraites françaises, dans un pays régulièrement décrit à l’étranger comme étant irréformable. La problématique est double pour le président de la République : s’il ne renonce pas, le conflit social pourrait s’éterniser et se diriger vers une convergence des luttes. S’il abandonne son projet, cet échec pourrait lui coller à la peau durant de longues années. Les élections présidentielles de 2022 se jouent dès aujourd’hui.

Licenciés de Cora parce qu’ils refusaient de travailler le dimanche

Enseigne hypermaché Cora
Les salariés bretons vont saisir les prud'hommes car leur contrat ne prévoyait pas de travailler le dimanche. — vp-holding / Wikimedia Commons

En Bretagne, deux salariés d’un hypermarché ont été licenciés pour faute grave. Ils avaient refusé de travailler le dimanche, arguant que leur contrat ne le prévoyait pas.

Deux employés de l’hypermarché Cora de Saint-Jouan-des-Gérets, près de Saint-Malo, ont fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave, ne bénéficiant de ce fait d’aucun préavis ni indemnité : la direction leur reproche d’avoir refusé de travailler le dimanche, révèle Europe 1.

Il s’agit d’une salariée comptant 18 ans d’ancienneté ayant été en poste à la station-service, au rayon bijouterie puis à l’accueil et d’un employé affecté au rayon crèmerie, présentant 8 ans d’ancienneté.

La direction de grande surface avait décidé d’ouvrir chaque dimanche matin à compter du mois de mars. Cependant, aucun avenant n’a été apporté aux contrats de travail des quelque 200 salariés. Invoquant la loi Macron, « le directeur a dit que c’était obligatoire, que c’était cela ou la porte » rapporte la salariée. Laquelle ajoute : « Je ne pensais pas qu’on m’aurait virée comme ça au bout de 18 ans de boîte. Je trouve que le dimanche, c’est pour la vie de famille. OK pour le volontariat, mais on ne doit pas forcer les gens. Je suis dégoûtée, je suis en colère. Se faire jeter comme une malpropre… Ça me sidère, ça me met hors de moi. »

Les prud’hommes seront saisis

Avec son collègue, elle envisage de saisir le conseil des prud’hommes pour qu’il qualifie cette sanction de « licenciement sans cause réelle ni sérieuse ». Jointe par Europe 1, une inspectrice du travail de Saint-Malo note qu’effectivement, «l’accord du salarié peut être nécessaire lorsque les nouveaux horaires ou la nouvelle répartition des horaires constituent une modification du contrat de travail ».

Une analyse partagée par le syndicat CFTC  qui a relevé que dans son courrier de licenciement, la direction avance comme motif que « le Code du travail prévoit qu’il faut accepter de travailler quand on vous le demande. Une interprétation pour le moins sommaire du Code et des droits des salariés. L’obligation du travail le dimanche doit être prévue dans le contrat de travail. » Ce qui le cas pour les nouveaux embauchés en général, mais pas les anciens… La CFTC espère donc que les salariés bretons seront entendus en justice et que la décision fera jurisprudence. Ce qui pourrait inviter des salariés précédemment victimes de licenciements similaires à se manifester.

Jusqu’à présent, la direction de l’hypermarché Cora ne s’est pas exprimée.

Marine Le Pen ne veut plus de voile ni de kippa dans l’espace public

Marine Le Pen
Marine Le Pen veut interdire le port du voile ou de la kippa dans l'espace public, mais pas le port de la croix. — Global Panorama / Flickr

La présidente du FN entend « élargir la loi de 2004 » et interdire le port du voile et de la kippa dans l’espace public, y compris les entreprises. Mais pas le port de la croix.

La présidente du Front national a expliqué lundi matin sur RMC pourquoi, selon elle, « il est temps d’élargir la loi de 2004 » qui avait prohibé le port de signes religieux à l’école : il s’agit « d’interdire au nom de la laïcité tous les signes ostentatoires dans l’espace public, ce qui permettra également de les interdire dans les entreprises. »

Mais si la dirigeante du FN vise le port du voile ou de la kippa, elle n’estime pas que le port d’une croix serait concerné.

« Les grandes croix, ça n’existe pas. Je vais vous expliquer quelque chose : la religion catholique n’a pas de signe ostentatoire et pour une raison simple, c’est peut-être parce c’est elle qui a inventé en réalité la laïcité. Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. Donc il n’existe pas de signe ostentatoire de la religion catholique » a martelé la présidente frontiste, prenant quelque liberté avec l’histoire, comme le souligne Europe 1, la laïcité et la loi de 1905 en France ayant été portées par différents philosophes et courants de pensée.

Les propos de la candidate du FN pour 2017 ont été critiqués tout aussitôt par François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, invité de RMC au moment où Marine Le Pen s’est exprimée, en appelant la radio elle-même pour préciser des propos tenus antérieurement.

« De l’huile sur le feu »

« Ce n’est pas sérieux. L’espace public est précisément l’endroit où peut s’exprimer la liberté de conscience, la liberté de sa religion, d’être religieux ou pas » a expliqué François Clavairoly. Selon lui, « il faut cesser d’humilier l’Islam ».

Et de plaider encore : « Nous sommes dans un pays de liberté. La plupart des pays d’Europe vivent une laïcité apaisée il ne faut pas mettre de l’huile sur le feu ».

Alors candidate à l’élection présidentielle, dans son programme, Marine Le Pen avait souhaité en 2012 interdire les signes religieux « pour les agents comme pour les usagers du service public ». Mais après le scrutin, elle était allée plus loin dans un entretien accordé au Monde et s’était déclarée en faveur d’une interdiction du voile et de la kippa dans « les magasins, les transports, la rue »…

La présidente du FN avait même précisé qu’une « dictature laïque » était préférable à une « dictature religieuse ».