Coronavirus : des migrants se révoltent dans un centre de rétention

Centre de rétention administrative
Centre de rétention administrative (illustration). — DR

Alors que les autorités tentent de protéger au maximum la population, les retenus du centre de rétention administratif du Mesnil-Amelot se soulèvent contre les conditions d’enfermement.

Depuis le début du confinement lié à la pandémie de Coronavirus, les détenus des prisons françaises dénoncent les conditions de détention et l’insalubrité. La tension monte également dans les centres de rétention administratifs restés ouvert depuis le début de la crise sanitaire. Au CRA de Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne, des retenus se sont soulevés ce week-end.

Le retenus se mutinent, la police réprime

Samedi soir, 45 individus décident de se mutiner. « On a sorti les matelas pour les jeter à l’extérieur car on ne voulait plus dormir dans les chambres » explique un retenu joint par Le Parisien. Ils occupent ensuite la cour aux cris de « Liberté », et tentent de mettre le feu aux matelas. Ces derniers sont finalement réquisitionnés par le directeur du centre pour éviter l’incendie. Les retenus passent donc la nuit dehors, sur des couvertures ou à même le sol.

L’insurrection prend fin dimanche matin suite à l’intervention musclée d’une centaine de membres des forces de l’ordre. « Ils nous ont tous regroupés dans un coin, plaqués au sol et pris nos téléphones. J’en ai vu quelques uns se prendre des coups de matraque, du gaz, alors qu’on ne bougeait plus », raconte Karim à l’Humanité. Parmi les 45 retenus, 7 d’entre eux sont identifiés comme leaders et placés en garde à vue. Les autres sont enfermés dans leur chambre.

Les retenus exigent leur libération

Le centre de rétention administrative est un lieu où les sans-papiers sont enfermés dans l’attente de leur expulsion. Si le Conseil d’État a choisi de garder ces établissements ouverts, la plupart se sont vidés suite à des décisions de remises en liberté prononcées par des juges. Sur les 200 à 300 retenus habituels, le CRA de Mesnil-Amelot en compte actuellement moins d’une cinquantaine. Au-delà des conditions de rétentions, les mutins exigent donc leur libération. « Ils ne peuvent pas nous renvoyer car il n’y a pas d’avions alors ils doivent nous libérer. On ne veut pas attraper le coronavirus enfermé », déclare Yousri à BFMTV.

Du côté de la préfecture de Seine-et-Marne, on indique qu’il y a « 47 hommes retenus au CRA qui sortent de prison. Ils sont en situation irrégulière ». Yousri, quant à lui, a « entamé une grève de la faim samedi ».

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